J’autorise Sexe en France et Google à connaître mes statistiques de visite.

Par Union.fr

Paris : galeriste d’art érotique, un métier encore connoté ?

Par | 17 décembre 2020

Rachel Hardouin a monté en mars 2018 une galerie d’art dédiée à l’érotisme et aux questions de l’intime dans le 10e arrondissement de Paris. Depuis plus de deux ans, elle a accueilli en son sein des artistes à la renommée nationale, comme l’auteur de bande dessinée et peintre Alex Varenne.

Rachel Hardouin, galeriste à Paris

L’art érotique, toujours critiqué en 2020 ?

Quand on me dit « Ah ! C’est toi la galeriste qui expose de l’art érotique… » j’entends une forme de mépris.

Exposer les corps nus, le désir sexuel et l’intimité à travers l’art a été pratiqué quelles que soient les époques, dans de nombreuses cultures, on pense notamment aux estampes Shunga, aux illustrations du Kamasutra, à l’Origine du Monde de Courbet, des œuvres qui ont toujours suscité de vives réactions et une censure plus ou moins explicite. Et pourtant, en 2020, monter un tel projet suscite toujours autant de remarques.

15Martel – Galerie d’Art

 » Je n’ai jamais eu de remarques de la part de visiteurs. Les réticences sont toujours venues de personnes qui avaient entendu parler de mon travail, et qui l’assimilaient à la pornographie. Quand on me dit « Ah ! C’est toi la galeriste qui expose de l’art érotique… » j’entends une forme de mépris. Et pourtant, selon moi, la nudité, l’intime, le corps, cela mérite pleinement sa place au milieu de l’art !« 

Un métier qui habite Rachel Hardouin, passionnée par les représentations de l’érotisme et les questions qui en découlent : « Comment un modèle pose-t-il quand il voit le regard ? Peut-il s’abandonner différemment s’il sait qu’il est anonyme ?« , mais qui déplore encore que ces réflexions ne soient pas au cœur de ceux qui jugent l’art, même les professionnels.

Toutoute Premiere Fois – Krassinsky

« Je pense à un artiste Jean-Paul Krassinsky, qui a proposé ses œuvres à différents galeristes, souvent des hommes. Autant, ces galeristes reconnaissaient son talent et sa technique quand il s’agissait d’exposer des aquarelles de Paris, autant il y avait un vrai malaise face aux corps dénudés. Il a donc exposé une seule partie de son catalogue chez eux. Et pourtant, l’oeil et le travail de l’artiste étaient toujours le même. C’est l’oeil du galeriste qui s’arrêtait simplement au sujet, qui n’était pas à l’aise avec. Je dois être la seule galeriste de France à l’avoir accueilli sur cette thématique-là. »

L’émotion sexuelle, toujours persona non grata de la sensibilité artistique ?

L’Impératrice – Sophie Badens

Car ce qui dérange, c’est bien l’excitation sexuelle possible ou induite par certaines œuvres. « L’art n’empêche pas l’excitation sexuelle, mais il y a des degrés et des niveaux. Et moi j’ai choisi de les éduquer et d’avoir un questionnement autour. » explique Rachel Hardouin.

La galeriste continue donc ses expositions et sa recherche artistique autour de la thématique de l’intime, tout en conservant ses trésors loin des regards qui pourraient être choqués : la galerie est seulement accessible en étage d’immeuble, il n’y a pas de vitrine.

L’art érotique se vit heureux en vivant caché.

(Image à la une : Peinture, Alex Varenne)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lingerie Sextoys Accessoires

Notre boutique sexy

Articles Tendance

Recevez nos infos intéressantes et croustillantes en vous inscrivant à notre newsletter !