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Par Union.fr
litterature erotique pseudo

Pourquoi écrit-on de l’érotique sous pseudo ?

Par | 3 mars 2021

Georges Pailler avait Esparbec, Boris Vian avait Vernon Sullivan, Amantine Dupin de Francueil avait George Sand, Erika Léonard avait E.L. James, Anne Cécile Desclos avait Pauline Réage, la liste des écrivains qui préfèrent signer leurs ouvrages érotiques d’un pseudo est infinie.
Pourquoi ce genre si particulier fait-il appel à des noms d’emprunt ? Sexe en France décrypte les mystères autour des pseudos de littérature érotique.

Pseudo et conservation d’anonymat

Écrire de la littérature érotique n’est pas une activité de tout repos, surtout au moment de la publication. Les exemples sont nombreux mais on pourrait penser au mystère entourant l’auteure du célèbre « Histoire d’O », qui a longtemps intrigué. Camus avait affirmé en son temps «En tout cas, ce n’est pas une femme !». La Commission du Livre avait exigé un procès pour ce livre «violemment et consciemment immoral», interdit de publication en outre-Atlantique.

Ne pas s’exposer, soi et sa famille, pour parler du vrai et du cru, c’est aussi ça le secret pour un livre érotique qui fonctionne et qui peut se permettre d’échapper à l’autocensure pour livrer toute l’honnêteté nécessaire à un bon roman érotique.

Car la littérature érotique est un drôle de genre dont les lecteurs aiment confondre narrateur et auteur. La sincérité du texte peut d’ailleurs primer sur la qualité littéraire : « Si son textes s’avère assez ennuyeux e sans grand intérêt littéraire, Catherine Millet s’exprime avec un naturel confondant, une sincérité indiscutable, une intelligence certaine. » pouvait-on lire dans l’Express au sujet de « Les Partouzes d’une Intello » de Catherine Millet.

Un pseudo pour changer de sexe

Et c’est bien pour attirer ce public voyeuriste que certains auteurs n’hésitent pas à prendre un pseudo féminin pour tromper le lecteur.

Certains utilisent également cette méthode pour écrire de la New Romance, des romans écrits pour des femmes et dont le nom « féminin » serait plus vendeur pour le lectorat, comme l’explique cet article retranscrit du Guardian.

A l’inverse, certaines auteures prendraient un pseudo masculin car il serait plus facile d’obtenir des retours positifs de maisons d’éditions : c’est notamment le cas de Catherine Nichols qui rencontra plus de succès auprès du monde du livre en signant « Goerge » ses manuscrits. Dans un monde sexiste, ce que l’on présuppose de l’auteur est parfois plus vendeur que l’œuvre littéraire en elle-même.

Un pseudo pour changer de style

Si Boris Vian a choisi de faire appel à Vernon Sullivan pour signer ses polars noirs qui présentaient des scènes sexuelles et violentes, c’est avant tout pour le différencier de son Å“uvre majeure écrite dans un tout autre style, plus poétique.

Loin de la littérature érotique, J.K. Rowling avait fait de même en abandonnant son pseudo célèbre dans le monde entier pour avoir créé un jeune sorcier pour publier ses polars sur la plume de Robert Galbraith.
Le pseudo devient alors une marque, avec un style, un univers et des attentes précises, et un auteur peut librement en sortir en changeant de signature.

Un pseudo pour se donner l’inspiration

Parler au nom d’un pseudo, c’est aussi nommer une partie de soi, et pouvoir se conditionner à laisser cette partie s’exprimer. Pour la blogueuse des Gouters de Clarissa : « Le pseudo Clarissa Rivière, c’est une partie de ma personnalité, pas une partie « différente », mais une partie qui est liée au loisir sans prise de tête. A l’origine, c’était juste un moyen pour poster mes textes de façon anonyme, mais maintenant, Clarissa incarne réellement une partie de mon identité. Ca me programme pour quelque chose de festif, de joyeux.« 

Choisir un pseudo pour assumer l’aspect schizophrène de l’auteur, et pourquoi pas après tout ?



2 pensées sur "Pourquoi écrit-on de l’érotique sous pseudo ?"

  1. J’écris sous pseudo pour me sentir libre de fantasmer… parce que j’ai une profession en rapport avec les enfants et les ados. Il y a encore trop de gens qui vous regardent d’un air entendu « oui, celle-là, elle a vécu tout ce qu’elle raconte ». (il est de notoriété publique qu’A. Christie commettait un petit meurtre tous les matins, avant de commencer à écrire…)

  2. J’écris masqué pour bien des raisons, qui ne sont pas liées à ma prose érotique, celle sadomasochiste sent le souffre, pointe acide dans ma plume sans amertume. Un pseudo tient chaud, loin des regards des mes contemporains, permet d’observer sans être remarqué

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