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Par Union.fr

Une plateforme d’Ă©coute pour les victimes d’inceste

Par | 22 septembre 2021

LancĂ©e mardi 21 septembre, Ă  10h, la plateforme tĂ©lĂ©phonique et le site internet Ciivise ont reçu des centaines de tĂ©moignages de victimes de violences sexuelles durant l’enfance.

La parole se libère pour les victimes d’inceste

Quelques heures après le lancement de la plateforme, les standards tĂ©lĂ©phoniques et le site internet de la Commission indĂ©pendante sur l’inceste, ont Ă©tĂ© assailli par les tĂ©moignages. Le coprĂ©sident de la commission et juge Édouard Durand, explique ce dĂ©ferlement de la sorte : « En quelques heures, il y a dĂ©jĂ  des centaines et centaines d’appels et courriers Ă©lectroniques adressĂ©s Ă  la commission et cela veut bien dire qu’il y a un besoin social de très grande ampleur« .

Les travaux la Commission Ciivise ont dĂ©butĂ© en mars dernier. Sous l’impulsion de l’ouvrage de Camille Kouchner, La familia grande, qui accusait son beau-père de viols sur son frère jumeau durant leur enfance. Au-delĂ  du choc que ce tĂ©moignage a provoquĂ© Ă  sa sortie, il a entrainĂ© des milliers de tĂ©moignages publics sur les rĂ©seaux sociaux. Le hashtag #MeTooInceste a permis de prendre connaissance que des milliers de victimes d’inceste se logeaient en France.

Selon l’enquĂŞte nationale Virage menĂ©e en 2015 : 14,5 % des femmes et 4 % des hommes ont subi des violences sexuelles au cours de leur vie. Plus de la moitiĂ© des femmes et deux tiers des hommes ont subi ces violences avant 18 ans.

L’objectif de la Commission indĂ©pendante est de libĂ©rer la parole des victimes ou des proches des victimes. Le juge pour enfants et coprĂ©sident de la Commission, Édouard Durand, rappelle que chaque annĂ©e, 160.000 enfants subissent des violences sexuelles en France. Une situation qui n’est pas acceptable et qui doit cesser d’ĂŞtre terrĂ©e dans le silence et l’ignorance.

Ă€ ce sujet, le prĂ©sident Emmanuel Macron dĂ©clarait en janvier dernier : « On est lĂ . On vous Ă©coute. On vous croit. Et vous ne serez plus jamais seules. (…) La honte aujourd’hui change de camp« , se rĂ©jouissant que « la parole, partout en France, se libère » en promettant « d’adapter notre droit pour mieux protĂ©ger les enfants« .

Écouter, accompagner et réagir

Un article du journal Sud Ouest reporte les propos du juge Durand, sur les bienfaits cathartiques que la plateforme apporte aux victimes : «  Les personnes qui parlent le font pour elles-mĂŞmes, et aussi pour que, aujourd’hui et demain, les enfants soient protĂ©gĂ©s et puissent grandir en sĂ©curitĂ©. Elles nous ont dit : + vous n’imaginez pas le bien que cela me fait que ma parole soit reçue par une instance publique + et + Je ne veux pas que d’autres enfants subissent ce que j’ai subi + Â«Â .

Ă€ compter du 20 octobre 2021, les membres de la Commission Inceste iront tous les mois Ă  la rencontre des victimes Ă  travers le pays. L’objectif est d’apporter une Ă©coute attentive, un accompagnement psychologique, pĂ©dopsychiatrie, mĂ©dical, social et juridique. Ainsi, qu’une dimension prĂ©ventive. Informer la population face Ă  l’existence de ces actes et apprendre Ă  Ă©couter, comprendre, rĂ©agir et agir.

Nombreuses sont les victimes qui attendent des annĂ©es avant de parler. Le silence est la mĂ©thode employĂ©e par l’agresseur pour assurer son impunitĂ©. L’ancien juge pour enfants explique que : « L’agresseur cherche Ă  assurer son impunitĂ©. Pour cela, il met en Ĺ“uvre une stratĂ©gie. Et dans la stratĂ©gie de l’agresseur, il y a toujours « imposer le silence.«  ». Cette peur de la parole peut ĂŞtre perceptible chez les enfants victimes. Les pĂ©dopsychiatres l’observent dès le plus jeune âge, quand l’enfant se reprĂ©sente par le biais du dessin, sans bouche.

En dĂ©celant ces signes subtils Ă  temps, il est plus facile d’agir et d’accompagner les victimes, avant qu’elles ne normalisent et banalisent leur situation. Car la plus grosse crainte qui anime ces personnes est l’incrĂ©dibilitĂ©, comme le confirme Édouard Durand : « C’est difficile pour un enfant ou une personne adulte de parler, parce qu’il y a la peur de ne pas ĂŞtre cru (…) Et il est très important, donc, d’ouvrir des espaces, oĂą l’enfant victime de violence sexuelle se dira : « Cet adulte, je peux lui faire confiance. Si je lui rĂ©vèle les violences que je subis, il me croira. » 

Les standards téléphoniques sont ouverts du lundi au vendredi de 10h à 19h, en France métropolitaine et outre-mer. Les appels sont anonymes et gratuits, seuls un prénom (ou pseudo) et un numéro de département sont demandés.

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