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Par Union.fr

Vaginisme : quand la pénétration fait mal

Par | 4 février 2021

Si le terme vaginisme a Ă©tĂ© inventĂ© au 19e siĂšcle par le gynĂ©cologue amĂ©ricain James Sims, ce trouble est restĂ© longtemps mĂ©connu (au mieux) ou ignorĂ© (au pire). Les femmes qui souffraient de ces douleurs lors de rapports sexuels n’osaient que peu prendre la parole ou consulter des spĂ©cialistes. Au mĂȘme titre que l’endomĂ©triose, le vaginisme et les troubles liĂ©s Ă  la sexualitĂ© fĂ©minine tendent de moins en moins Ă  ĂȘtre invisibilisĂ©s . Merci les mouvements comme #metoo et la levĂ©e progressive des tabous sur le plaisir et la sexualitĂ© des femmes. Aussi, si le vaginisme concernerait 1 Ă  3% des femmes en France, il reste en rĂ©alitĂ© difficile d’estimer combien de femmes en souffriraient, beaucoup d’entre elles n’en parlant pas.

Qu’est ce que le vaginisme ?

Le vaginisme dĂ©signe une contraction involontaire des muscles du pĂ©rinĂ©e, bloquant complĂštement ou partiellement l’ouverture du vagin. Cette contraction rend tout acte de pĂ©nĂ©tration impossible ou trĂšs douloureux.

Il convient de distinguer deux principales formes de vaginisme :

  • On parle de vaginisme primaire, lorsque les spasmes et les douleurs lors de la pĂ©nĂ©tration ont toujours Ă©tĂ© prĂ©sents. Les femmes qui en souffrent dĂ©butent ainsi leur vie sexuelle sans pouvoir prendre de plaisir avec une sexualitĂ© pĂ©nĂ©trative.
  • À l’inverse, lors de vaginisme secondaire, la femme connait une dyspareunie liĂ©e aux contractions involontaires des muscles entourant l’ouverture du vagin sans avoir auparavant souffert de douleurs lors de la pĂ©nĂ©tration.

Bien que moins connu, il existe Ă©galement un vaginisme dit situationnel lorsque la pĂ©nĂ©tration est douloureuse uniquement dans certains cas. On peut alors souffrir de vaginisme lors de l’intromission du pĂ©nis et ne pas en souffrir au cours d’un examen gynĂ©cologique ou lors de l’insertion d’un tampon pendant les rĂšgles.

Enfin, il est question de vaginisme global dÚs lors que tout acte de pénétration (pénis, doigts, tampon, examens) se révÚle impossible, notamment car trop douloureux.

Vaginisme : quand l’esprit parle au corps

Dans la grande majoritĂ© des cas, le vaginisme n’est pas liĂ© Ă  des problĂšmes physiques ou Ă  des malformations mais Ă  des origines psychologiques.

Un mĂ©canisme de dĂ©fense ou de protection pourrait expliquer de nombreux cas. Mais le vaginisme peut Ă©galement provenir d’une mĂ©connaissance de son propre corps. On se reprĂ©sente alors un vagin trop Ă©troit ou on confond inconsciemment pĂ©nĂ©tration et perforation. Ici, les spasmes traduisent une distorsion cognitive de son corps et de la pĂ©nĂ©tration.

Des traumatismes liĂ©s Ă  un abus sexuel ou Ă  un acte mĂ©dical intrusif, des conflits psychologiques inconscients ou encore des interdits moraux et religieux peuvent Ă©galement ĂȘtre Ă  l’origine de ce mal.

Si le vaginisme peut ĂȘtre imputĂ© Ă  ces diverses causes, la peur de la douleur prend ensuite le relais et renforce les contractions, la pĂ©nĂ©tration deviendrait alors une phobie. Fonctionnant comme un cercle vicieux, la douleur ressentie est source de stress, d’anxiĂ©tĂ©, d’angoisse, de complexes, ce qui se manifestera par de nouvelles douleurs liĂ©es aux spasmes lors du prochain rapport sexuel pĂ©nĂ©tratif.

Image : Getty Image

Quelles solutions lorsque l’on souffre de vaginisme ?

La premiĂšre Ă©tape avant de guĂ©rir du vaginisme est d’arrĂȘter de se faire du mal et de se forcer Ă  rĂ©aliser un acte impliquant une pĂ©nĂ©tration. Nous l’avons vu, la douleur ne fait qu’accentuer la peur et le stress, ce qui n’arrangera en aucun cas la situation.

Soigner le vaginisme passe par un accompagnement psychologique, par une rééduction périnéale et une ré-appropriation de son corps.

L’approche sexo-corporelle joue sur la partie physique et mĂ©canique. Il s’agit de (re) dĂ©couvrir son corps, de l’explorer, de regarder sa vulve etc. Cela passe Ă©galement par une rĂ©Ă©duction des muscles du perinĂ©e, en accompagnement avec des kinĂ©sithĂ©rapeutes spĂ©cialisĂ©s. Petit Ă  petit, il s’agit d’essayer la pĂ©nĂ©tration, avec un doigt ou des dilatateurs vaginaux et via des exercices de relaxation. Ce processus doit se faire en douceur et sans douleur, encore une fois il ne convient pas de forcer la pĂ©nĂ©tration, afin que le corps n’associe plus pĂ©nĂ©tration Ă  douleur.

Cette dĂ©marche doit ĂȘtre couplĂ©e d’une approche cognitivo-comportementale qui, elle, va agir sur le plan psychologique. La personne peut ĂȘtre accompagnĂ©e par des sexologues et psychologues ou encore faire appel Ă  l’hypnose. L’accompagnement psycho-sexuel consiste avant tout en une Ă©coute des angoisses et Ă  comprendre l’origine mentale des contractions physiques des muscles du plancher pelvien.

Les spĂ©cialistes analysent ainsi diffĂ©rents facteurs, pouvant ĂȘtre psycho-Ă©motifs comme la peur ou un malaise corporel mais aussi psycho-sociaux et psycho-culturels tels que l’environnement familial, la religion, l’expĂ©rience de la patiente, les Ă©ventuels traumatismes qu’elle aurait pu vivre. En dĂ©signant la source du problĂšme, il s’agit de « casser » les pensĂ©es nĂ©gatives automatiques survenant au moment de la pĂ©nĂ©tration.

Si vous ne savez pas vers quels thĂ©rapeutes vous tourner, le site internet Les ClĂ©s de VĂ©nus regroupe un annuaire de professionnels spĂ©cialisĂ©s (kinĂ©sithĂ©rapeutes, sage-femmes, gynĂ©cologues, psychologues, sexologues…) dans toute la France ainsi que des tĂ©moignages de patientes pour vous aider Ă  faire appel aux bons spĂ©cialistes.

Faire l’amour sans pĂ©nĂ©tration

Il semble Ă©vident que le vaginisme est source de nombreux maux et peut impacter la vie des femmes qui en souffrent : crainte pour le couple, sentiment de honte et de culpabilitĂ©, peur de ne pas s’en sortir, sentiment de ne pas ĂȘtre une « vraie femme » … c’est pourquoi s’Ă©couter, prendre en charge ce trouble et en guĂ©rir est important.

Cela dit, il convient de rappeler que la sexualitĂ© ne se limite Ă  la seule pĂ©nĂ©tration du pĂ©nis dans un vagin. Faire l’amour peut prendre de multiples formes et il est tout Ă  fait possible d’obtenir un orgasme et d’ĂȘtre sexuellement Ă©panoui sans acte pĂ©nĂ©tratif (oui oui, mĂȘme pour le partenaire masculin). Beaucoup de femmes n’arrivent d’ailleurs pas Ă  jouir uniquement avec une pĂ©nĂ©tration, il existe une multitude de pratiques et positions sexuelle permettant plaisirs et jouissances sans pĂ©nĂ©tration : fellation, cunnilignus, 69, queening, face sitting, utilisation de sextoys ou d’accessoires…

Image : Getty Image

Comme l’explique Martin Page dans son essai Au delĂ  de la pĂ©nĂ©tration , la sexualitĂ© a plusieurs visages et est propre Ă  chacun, vous n’avez pas Ă  culpabiliser d’avoir une sexualitĂ© qui ne correspond pas Ă  la majoritĂ© et qui ne rĂ©pond pas aux normes sexuelles imposĂ©es par la sociĂ©tĂ©.

(Image Ă  la une : Getty Images)

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