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Par Union.fr

Chemsexe : décryptage du sexe sous drogues

Par | 5 mars 2021
Sommaire du dossier

Ă€ l’occasion de la sortie du roman « Chems » de Johann Zarca, dont le hĂ©ros tombe dans la spirale infernale du sexe sous drogues, Sexe en France dĂ©crypte le phĂ©nomène du chemsexe. Pratique sexuelle intense, addictive… et destructrice.

Le chemsexe, c’est quoi ?  

Entre sexualitĂ© dĂ©bridĂ©e et toxicomanie, le chemsex est l’abrĂ©viation de « chemical sex » ou « sexe sous drogue ». Cette pratique consiste Ă  consommer des drogues spĂ©cifiques dans le cadre de relations sexuelles. L’intĂ©rĂŞt ? Ces produits rendent sexuellement beaucoup plus performants et endurants, ils dĂ©cuplent considĂ©rablement le plaisir et la jouissance, enfin ils deshinibent ceux qui les consomment.  

La pratique du Chemsex est très facile d’accès, notamment du fait d’internet : les utilisateurs prennent contact via des sites et applications de rencontres type Grinder, ou Tinder chez les hĂ©tĂ©ros. Il est très simple de se procurer les substances utilisĂ©es, elles affichent des prix relativement bas et un simple clic suffit pour recevoir le produit chez soi. 

Une des particularité du chemsex ? L’intensité des rapports sexuels pouvant durer plusieurs heures voire plusieurs jours. Les soirées chemsex consistent souvent, pour ne pas dire tout le temps, à avoir des relations sexuelles avec plusieurs personnes. Les partouzes sont ainsi monnaie courante et les chemsexeurs sont amenés à réaliser des pratiques que l’on pourrait juger extrêmes ou marginales : fist, brutalité, BDSM, uro… Selon une majorité de chemsexeurs, point de sensualité ou d’affection dans cette pratique, mais du sexe cru et bestial.

« Le chems, c’est le sexe le plus retirĂ© de l’affectif et de l’émotion. » – Johann Zarca, entretien pour Sexe en France.

Le dégoût et le regret, seraient des sentiments partagés par une majorité de pratiquants, ces derniers ayant dépassé leurs limites à cause des produits consommés.  

« Cette molĂ©cule n’a rien de bĂ©nin. Elle n’est pas sensuelle comme la MDMA, mais sexuelle. Elle ne rĂ©veille pas les sens, mais les tripes, les bas instincts, l’animalitĂ© enfouie en chacun de nous. » – Johann Zarca, Chems, Éditions Grasset, 2021. p. 49

Le chemsex : des drogues spĂ©cifiques  

Image : Getty Image

Les rapports sexuels sous alcool, cannabis ou MDMA ne sont pas une nouveauté et n’appartiennent pas au chemsex. Le « chem » fait ainsi référence à des catégories particulière de produits.

MĂ©connues du grand public, nous retrouvons les cathinones, chefs de file d’une famille de stimulants. Elle possèdent des caractĂ©ristiques proches de celles des amphĂ©tamines, Ă©galement utilisĂ©es dans le chemsex. Se prĂ©sentant sous forme de poudre, elle se consomment le plus souvent par voie nasale. Parmi les plus rĂ©pendues : la 3-MMC et la 4 MEC. 

Crystal-meth et Cathinones sont utilisĂ©es pour leurs effets stimulants, entactogènes et empathogènes. Elles procurent un sentiment d’euphorie et de bien-ĂŞtre, une disparition de la sensation de fatigue, augmente la confiance en soi et procure une impression de puissance. Enfin, elles dopent le dĂ©sir et le plaisir sexuel. 

Le GBL, quant Ă  lui, est un produit chimique utilisĂ© comme solvant industriel. AbsorbĂ© , il est transformĂ© en GHB substance naturellement produite par l’organisme en petite quantitĂ©. Il s’agit d’un dĂ©presseur du système nerveux central, autrement dit, un puissant sĂ©datif qui deshinibe, ralentit la respiration et le rythme cardiaque, intensifie les perceptions sensorielles. Substance extrĂŞmement dangereuse, associĂ©e Ă  l’alcool elle peut ĂŞtre fatale. Aussi appelĂ©e « drogue du viol », le GHB s’est rependu dans les boites de nuits pour ses effets euphorisants.  Certains usagers lui attribuent des propriĂ©tĂ©s de stimulant sexuel.  

Le dico du chems  

  • Bareback : DĂ©signe le choix dĂ©libĂ©rĂ© de rapports sexuels non protĂ©gĂ©s, en dĂ©pit d’un risque potentiel de contamination par le VIH ou autres IST. Mouvement initiĂ© dans les annĂ©es 90 au sein des milieux homosexuels, les pratiquants sont appelĂ©s barebackers.  
  • Backroom : Arrière salle en français, il s’agit d’une pièce ou, dans certains bar libertins, les clients peuvent se rencontrer dans l’obscuritĂ© pour des relations sexuelles.   
  • Came : Drogue  
  • Chemsexeur : Pratiquant rĂ©gulier du chemsex 
  • Fist : Ou fist-fucking, dĂ©signe un acte sexuel consistant Ă  introduire le poing dans le vagin ou l’anus. MalgrĂ© son nom, le fist consiste plutĂ´t Ă  introduire lentement la main dont les doigts sont gardĂ©s tendus et groupĂ©s dans l’orifice, lubrifiĂ© au prĂ©alable, et distendu progressivement.  
  • Partouze : Terme gĂ©nĂ©rique utilisĂ© pour dĂ©signer des relations sexuelles pratiquĂ©es en groupe.  
  • Plan chems : Partie de sexe, gĂ©nĂ©ralement Ă  plusieurs, sous drogues. Les chemsexeurs ont des plan chems.  
  • PrEP : Prophylaxie PrĂ© Exposition. La prEP est un traitement mĂ©dical s’adressant aux personnes non contaminĂ©s par le VIH. Principe de prĂ©vention mĂ©dicamenteuse, la prEP est prescrite par un mĂ©decin et nĂ©cessite un suivi. Elle est indiquĂ©e pour les personnes de plus de 18 ans Ă  haut risque de contracter le VIH (homosexuels masculins, travailleurs-ses du sexe, usagers de drogue…), n’utilisant pas systĂ©matiquement le prĂ©servatif.  
  • RĂ©duction des risques :  Ensemble de dispositions visant Ă  rĂ©duire les risques liĂ©es Ă  la pratique du chemsex, tels que la transmission d’IST et les overdoses. Ces dispositions comprennent la prise de la PrEP ou d’un TPE (traitement post-exposition), le test de nouveaux produits Ă  petite dose, l’utilisation de prĂ©servatif, l’usage de matĂ©riel Ă  usage unique (seringues, paille..) etc 
  • Slam : Prise de drogue par injection en intra-veineuse.  Le produit le plus utilisĂ© dans le cadre du slam est la mĂ©phĂ©drone (proche de cathinone). Les clameurs ne reprĂ©sentent pas une majoritĂ© de chemsexeurs. Cette pratique s’explique par des effets immĂ©diats et des sensations encore plus intenses, le produit passant directement dans le sang. Cela signifie un plus grand risque d’overdose et de dĂ©pendance. Le slam est ainsi le mode de consommation le plus risquĂ©. 

Le chemsex : Une pratique Ă  risque 

Par ce qu’il allie sexualitĂ© sans limites et drogues de synthèse, le chemsex est une pratique comprenant de nombreux risques, Ă  la fois sanitaires, sociaux et psychologiques. 

Il convient de rappeler, les risques liĂ©s uniquement Ă  la prise de ces produits : convulsions, augmentation de la tension artĂ©rielle, risque d’AVC, accĂ©lĂ©ration du rythme cardiaque, dommages cĂ©rĂ©braux, dĂ©gradation des dents et des gencives, hallucinations… Enfin, le risque d’overdose, celle ci pouvant ĂŞtre fatale. 

Image : Getty Image

La consommation de ces drogues dans un cadre sexuel amène ses usagers à dépasser leurs limites, le consentement peut ainsi difficilement être respecté, entraînant souvent une honte et un profond dégout de soi.

« Il n’y a pas vraiment de consentement, tu fais rien pour rĂ©sister, mais t’en pas vraiment envie. J’ai eu une expĂ©rience ou j’Ă©tais dĂ©goĂ»tĂ© par la personne, elle ne me faisait pas envie. Ce n’est pas un viol par ce qu’on provoque la situation, on a pas la force de se dĂ©battre alors on se laisse faire ». – Reportage Chemsexe, le flĂ©au sous drogue, TĂ©moignage de GĂ©rard, 25 ans.

L’usage des prĂ©servatifs Ă©tant rare si ce n’est inexistant, le chemsexe augmente considĂ©rablement le risque de transmission du VIH, et d’autres IST telles que les hĂ©patites. Ce danger est d’autant plus accentuĂ© par les modes de consommation des produits, notamment si la personne n’utilise pas des pailles et seringues Ă  usage unique. 

La prise de ces drogues altère Ă©galement le rapport Ă  la sexualitĂ©. Progressivement, on ne la concevrait qu’Ă  travers des pratiques extrĂŞmes et sous ces produits qui la dĂ©cuplent. Une sexualitĂ© « classique » n’existe plus. Si le chemsexe crĂ©e une double addiction, la drogue prend le dessus et le sexe devient une excuse. Certains pratiquant peuvent ĂŞtre amenĂ©s Ă  Ă©rotiser la prise de drogue :

« Le truc m’a niquĂ© le cerveau. Le sexe devient un prĂ©texte c’est la dĂ©fonce qui prime. Les chemsexeur finissent souvent isolĂ©s. Les mecs se font des slams tout seul chez eux, ils bandent rien qu’Ă  la vue d’une seringue. Ă€ la fin le sexe ça devient juste l’injection ». – Johann Zarca, entretien pour Sexe en France.

Enfin, le chemsex amène Ă  une dĂ©gradation des liens sociaux, de la santĂ© mentale et psychologique. Crise de paranoĂŻa, dĂ©pression, perte de repères et d’identitĂ©, les relations se dĂ©gradent, la culpabilitĂ© et la honte s’installent et les chemsexeurs se replient sur eux mĂŞmes.

« Je ne suis plus un homme mais un animal. Un porc. NoyĂ© dans ma libido. Merde. Je me sens seul, sans ma femme, sans mon fils, sans mes vieux, sans mes potes. Seul de chez seul » – Johann Zarca, Chems.

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